Ce film est pour moi, avant tout, un portrait d’enfant.

Abduljabar rêve de devenir jockey. Il considère, inconsciemment peut-être, son cheval comme un moyen d’évasion. Elément transitoire entre une vie difficile dans une campagne reculée et un monde moderne offrant des rêves de gloire.  Un avenir en totale opposition avec un passé de tradition nomade. A 12 ans, il doit se battre dans un monde d’adulte pour faire sa place. Le terrain de course est une incroyable métaphore de la société dans laquelle il vit : un enfant dans un monde d’hommes, un enfant au milieu des cavaliers, une minorité au cœur d’un pays, un Turkmène en Iran. Abduljabar dans cette course, c'est comme une bataille ancestrale... remporter le droit d'exister.

Le destin d’Abduljabar m’a frappé. Son enfance si éloignée de la nôtre, sa place incertaine dans la société, le combat qu’il doit mener, si jeune pour espérer une vie meilleure que celle de ses parents. Et pourtant ses rêves sont si simples : gagner, réussir, être heureux.

Ces rêves sont au fond les mêmes pour tous les enfants de la planète. Les rêves d’enfant ne seraient-ils pas universels ?

Article paru dans le Monde